Hystérectomie : ce que l’opération retire, ce qu’elle change, et ce qu’elle ne change pas
Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation. La décision d’opérer, le type d’hystérectomie et la voie d’abord se discutent avec votre gynécologue et votre chirurgien, à partir de votre situation. Les chiffres cités viennent des sources listées en bas de page.
Aucun produit Smoon ne soigne, ne prévient ni ne remplace un traitement. Les sous-vêtements cités dans cet article sont des sous-vêtements absorbants, rien de plus.
On vous a proposé une hystérectomie, ou le mot vient d’être posé pour la première fois en consultation. Entre les récits trouvés en ligne, les avis de l’entourage et les questions qu’on n’a pas pensé à poser sur le moment, il est difficile de savoir ce que l’opération retire exactement, et ce qui change ensuite.
L’hystérectomie est l’ablation chirurgicale de l’utérus. C’est précisément cela, et rien d’autre : elle ne retire pas systématiquement les ovaires, elle ne déclenche pas automatiquement la ménopause, et elle n’est jamais le premier traitement proposé quand la pathologie est bénigne.
Voici ce qu’en disent l’Assurance Maladie, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et les données hospitalières françaises : les types d’opération, les voies d’abord, les chiffres réels de complications, le calendrier de la convalescence, et ce qui change vraiment après.
Retirer l’utérus n’est pas retirer les ovaires. C’est la confusion la plus répandue sur le sujet, et celle qui inquiète le plus.
- La définition : l’Assurance Maladie décrit l’hystérectomie comme l’intervention qui consiste à enlever l’utérus ou une partie de celui-ci.
- Les types : totale (corps et col), subtotale (le col reste en place), avec salpingectomie ou annexectomie si les trompes et les ovaires sont retirés en même temps.
- Les voies d’abord : en 2019 en France, cœlioscopie 30 %, laparotomie 29 %, voie vaginale 26 %, voie cœlio-vaginale 15 %.
- Le volume : près de 60 000 hystérectomies en France en 2019, contre environ 72 000 en 2008. La baisse suit l’arrivée d’alternatives.
- Les ovaires : s’ils restent, leur fonction se poursuit jusqu’à la ménopause naturelle. S’ils sont retirés, l’intervention entraîne une ménopause.
- Après : plus de règles, plus de grossesse possible, des saignements pendant 1 à 2 semaines, et une consigne claire du CNGOF : serviettes plutôt que tampons.
- La sexualité : le CNGOF écrit que l’hystérectomie ne modifie ni la possibilité ni la qualité des rapports sexuels. Reprise 4 à 6 semaines après.
Qu’est-ce qu’une hystérectomie
L’ablation de l’utérus, et seulement de l’utérus
L’Assurance Maladie définit l’hystérectomie comme « une solution de traitement radical qui consiste à enlever l’utérus ou une partie de celui-ci ». L’utérus est l’organe qui abrite une grossesse et dont la muqueuse interne, l’endomètre, se renouvelle à chaque cycle menstruel. Le retirer met donc fin aux règles et à toute possibilité de grossesse.
Tout le reste dépend de ce que le chirurgien retire en plus. Les ovaires, les trompes et le col de l’utérus sont des organes distincts, chacun avec sa fonction propre. Si vous n’êtes pas au clair sur qui fait quoi, notre lexique du système génital féminin remet les pièces en place en cinq minutes.
Une intervention fréquente, et en recul
Une étude publiée en 2021 dans Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie, menée à partir des données hospitalières françaises, a compté près de 60 000 hystérectomies en France en 2019. Ses auteurs la présentent comme l’intervention la plus fréquente chez la femme.
Le chiffre baisse : environ 72 000 en 2008, 60 000 en 2019. Les auteurs relient cette évolution au développement d’alternatives thérapeutiques pour les pathologies qui, historiquement, conduisaient au bloc. Autrement dit, une hystérectomie proposée aujourd’hui l’est après que d’autres options ont été écartées.
Ce qui part, ce qui reste
| Organe | Retiré ? | Conséquence |
|---|---|---|
| Corps de l’utérus | Toujours | Fin des règles, fin de la possibilité de grossesse |
| Col de l’utérus | Selon le type | Retiré en hystérectomie totale, laissé en place en subtotale |
| Trompes | Souvent | Geste discuté au cas par cas avec la patiente avant l’opération |
| Ovaires | Pas systématiquement | S’ils sont retirés, l’intervention entraîne une ménopause |
| Partie haute du vagin | Uniquement en chirurgie du cancer | Colpo-hystérectomie élargie, réservée aux indications cancéreuses |
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Une annexectomie, c’est-à-dire le retrait des trompes et des ovaires, était associée à 41 % des hystérectomies réalisées en France en 2019. C’est une décision distincte de l’hystérectomie elle-même, et elle se discute avant l’opération.
Totale, subtotale, élargie : les types d’hystérectomie
L’hystérectomie totale
C’est « l’ablation complète de l’utérus », corps et col, selon les termes de l’Assurance Maladie. C’est le type le plus courant pour une pathologie bénigne. Le fond du vagin est refermé par des fils résorbables : c’est cette suture, appelée cicatrice vaginale, qui commande une bonne partie des consignes de convalescence.
L’hystérectomie subtotale, quand le col reste en place
L’hystérectomie subtotale « comporte l’ablation du corps de l’utérus mais laisse le col de l’utérus en place ». On a longtemps pensé qu’elle était plus sûre et meilleure pour la vie sexuelle. Les recommandations du CNGOF de 2015 ont tranché, et l’inverse est vrai.
- Elle n’est associée ni à moins de complications hémorragiques ou viscérales, ni à moins de transfusions, même si les pertes sanguines sont réduites de 50 à 150 ml.
- Elle n’améliore pas significativement la qualité de vie sexuelle (niveau de preuve 1, le plus élevé).
- Elle expose à des saignements postopératoires cycliques dans 5 à 20 % des cas, puisque du tissu utérin subsiste au niveau du col.
- Elle laisse un risque de cancer sur le col restant, estimé à 0,2 %.
Conclusion du CNGOF, en grade B : il n’est pas recommandé de réaliser une hystérectomie subtotale dans le but de diminuer le risque de complications. Si votre chirurgien vous la propose, c’est pour une raison technique précise, et c’est une bonne question à lui poser.
L’hystérectomie élargie et les gestes associés
Dans le cancer du col de l’utérus, l’Assurance Maladie décrit une colpo-hystérectomie élargie, « qui consiste à enlever tout l’utérus, le col de l’utérus, les trompes utérines et la partie supérieure du vagin », avec fréquemment les ovaires et parfois un curage ganglionnaire. C’est une chirurgie carcinologique, sans commune mesure avec une hystérectomie pour pathologie bénigne.
Sur les ovaires, la position du CNGOF est nette : en l’absence de pathologie ovarienne et d’antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein ou de l’ovaire, il est recommandé de conserver les ovaires chez les femmes non ménopausées (grade B). L’ovariectomie bilatérale réduit l’incidence des cancers du sein et de l’ovaire, mais elle entraîne une surmortalité globale d’origine cardiovasculaire. Le calcul ne penche pas en sa faveur quand il n’y a pas de raison de la faire.
Vaginale, cœlioscopie, laparotomie : par où passe le chirurgien
Les quatre voies d’abord, et leur part réelle
Le type d’hystérectomie dit ce qu’on retire. La voie d’abord dit par où on passe. Ce sont deux décisions séparées, et la seconde pèse énormément sur la convalescence. Répartition observée en France en 2019 :
| Voie | Part | Cicatrice | Hospitalisation |
|---|---|---|---|
| Cœlioscopie | 30 % | 2 à 3 incisions de 0,5 cm | 1 à 4 jours, parfois en ambulatoire |
| Laparotomie | 29 % | Environ 10 cm au-dessus du pubis | 4 à 7 jours |
| Voie vaginale | 26 % | Aucune incision cutanée | 1 à 4 jours, parfois en ambulatoire |
| Voie cœlio-vaginale | 15 % | Petites incisions abdominales | 1 à 4 jours |
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L’Assurance Maladie décrit la voie vaginale comme « la moins lourde » : elle « démarre par l’ouverture du fond du vagin autour du col », sans ouvrir l’abdomen. La cœlioscopie, « moins invasive que la laparotomie », se pratique à l’aide d’une caméra introduite par de petites incisions.
Ce que recommande le CNGOF
Les recommandations de 2015 sont explicites : en cas d’hystérectomie pour pathologie bénigne, il est recommandé de préférer la voie vaginale ou la cœlioscopie (grade B), « même si l’utérus est gros et/ou si la patiente est obèse » (grade C). La voie vaginale n’est contre-indiquée ni en cas de nulliparité, ni en cas d’antécédent de césarienne.
Le choix entre les deux dépend ensuite de l’expérience de l’opérateur, du mode d’anesthésie et de contraintes d’organisation. Une laparotomie reste parfois nécessaire, et une intervention prévue par voie basse peut être convertie en cours de route : le CNGOF appelle cela une laparoconversion, et elle fait partie des possibilités annoncées à l’avance.
Combien d’hystérectomies fait votre chirurgien
C’est la question la moins spontanée et l’une des plus utiles. Le CNGOF recommande qu’une hystérectomie soit réalisée par un chirurgien pratiquant au moins 10 hystérectomies par an (grade C), et qu’un praticien en réalise au moins 30 pendant sa formation. Demander le volume d’activité et la voie d’abord envisagée est légitime, et bien accueilli.
Pourquoi une hystérectomie est proposée
Les indications bénignes
Ce sont les plus nombreuses. L’Assurance Maladie indique qu’une intervention chirurgicale devient nécessaire lorsque le fibrome utérin « est responsable d’hémorragies, de douleurs très importantes, d’infertilité ». Les situations qui mènent à une hystérectomie relèvent le plus souvent de :
- Fibromes utérins volumineux ou multiples, responsables de règles très abondantes et parfois d’une anémie par carence en fer.
- Adénomyose, c’est-à-dire la présence de tissu de type endométrial dans le muscle utérin.
- Endométriose douloureuse non contrôlée par le traitement médicamenteux, dans certaines de ses formes.
- Saignements gynécologiques anormaux résistants aux traitements, y compris des saignements en dehors des règles ou des caillots importants.
- Prolapsus génital, quand l’utérus descend et que la gêne est invalidante.
Les indications liées à un cancer
Cancer du col, du corps de l’utérus, de l’ovaire : la chirurgie fait alors partie du traitement, et le type d’intervention découle du stade. Pour les tumeurs du col de très petite taille, l’Assurance Maladie précise que « l’hystérectomie simple est rarement pratiquée », des gestes plus limités comme la conisation ou l’amputation du col étant privilégiés. La décision se prend en réunion de concertation pluridisciplinaire, jamais par un praticien isolé.
Pourquoi ce n’est jamais le premier traitement proposé
Pour une pathologie bénigne, l’hystérectomie arrive en bout de chaîne. L’Assurance Maladie présente les traitements des saignements gynécologiques anormaux dans un ordre précis : médicaments d’abord, gestes conservateurs ensuite, ablation de l’utérus en dernier. C’est cette hiérarchie qui explique la baisse du nombre d’interventions depuis 2008.
Les alternatives à l’hystérectomie
Les traitements médicamenteux
Premier étage, et souvent suffisant. L’Assurance Maladie cite l’acide tranexamique (Exacyl®, Spotof® et leurs génériques), non hormonal, puis les traitements hormonaux : pilule œstroprogestative, progestatifs par voie orale, et dispositif intra-utérin au lévonorgestrel. Ce dernier réduit les saignements tout en assurant une contraception. Attention, un traitement hormonal est contraceptif : il n’est pas utilisé si vous souhaitez une grossesse.
Les gestes qui conservent l’utérus
| Geste | Ce qu’il fait | Ce qu’il préserve |
|---|---|---|
| Endométrectomie | Résection, ablation ou destruction de l’endomètre | L’utérus, mais pas la fertilité |
| Myomectomie | Retrait des fibromes seuls | L’utérus et la possibilité de grossesse |
| Embolisation | Occlusion des artères qui vascularisent le fibrome | L’utérus, sans chirurgie ouverte |
| DIU au lévonorgestrel | Réduit l’épaisseur de l’endomètre et les saignements | Tout, et c’est réversible |
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La bonne question à poser en consultation
Elle tient en une phrase : « qu’est-ce qui a été essayé, et qu’est-ce qui reste à essayer avant l’hystérectomie ? » Une hystérectomie est irréversible. Un deuxième avis, en particulier pour une indication bénigne, est un droit et se demande sans se justifier. En attendant la décision, gérer des règles très abondantes au quotidien reste un vrai sujet, et notre comparateur de culottes menstruelles détaille les capacités d’absorption modèle par modèle.
Comment se déroule l’opération
Avant : ce qui est prévu, et ce qui ne l’est pas
Une consultation pré-anesthésie est systématique. Le CNGOF recommande une désinfection vaginale à la povidone iodée en début d’intervention et une antibioprophylaxie par céphalosporine quelle que soit la voie d’abord, deux gestes de grade B. En revanche, la préparation digestive mécanique n’est pas recommandée : elle n’améliore rien, y compris la visibilité du champ opératoire.
Un point figure en gros sur les trois fiches patientes du CNGOF : « Fumer augmente le risque de complications chirurgicales de toute chirurgie. Arrêter de fumer 6-8 semaines avant l’intervention élimine ce risque supplémentaire. » C’est le levier que vous tenez entièrement.
Le jour de l’opération
- HospitalisationLe plus souvent la veille ou le jour même de l’intervention.
- AnesthésieGénérale la plupart du temps, parfois loco-régionale de type péridurale, selon la voie d’abord et votre souhait.
- InterventionLe fond du vagin est refermé avec des fils résorbables. En cœlioscopie, 2 ou 3 incisions de 0,5 cm sont suturées au fil résorbable. En laparotomie, la cicatrice fait environ 10 cm au-dessus du pubis, transversalement.
- Salle de réveilSurveillance post-interventionnelle avant le retour en chambre. Une sonde urinaire est possible pour quelques heures, parfois 24.
- Premiers leversBas de contention, injections quotidiennes d’anticoagulant jusqu’à une dizaine de jours selon les cas, mouvements de cheville plusieurs fois par jour tant que vous êtes alitée.
Les premiers jours
La perfusion est retirée dès que vous pouvez boire et que le transit repart. Le transit digestif peut être ralenti, avec un inconfort passager : fruits et fibres pour éviter la constipation. La douche est possible dès le lendemain en voie vaginale, dès que vous tenez debout en laparotomie, mais les bains sont à éviter pendant 3 semaines. Sur le sondage, le CNGOF est précis : après une hystérectomie, il est recommandé de ne pas dépasser 24 heures de sonde, au-delà les infections urinaires augmentent significativement.
Risques et complications : les chiffres
Ce que dit la littérature
Le CNGOF qualifie l’hystérectomie d’« intervention courante et bien maîtrisée dont le déroulement est simple dans la majorité des cas ». Les complications existent, elles sont rares, et les avoir en tête aide à reconnaître un problème plutôt qu’à l’imaginer.
| Complication | Prévalence | À savoir |
|---|---|---|
| Plaie de vessie | 0,6 à 1 % | Facteurs de risque : antécédent de césarienne, utérus volumineux |
| Plaie de l’uretère | 0,04 à 0,5 % | Complication la plus rare des lésions urinaires |
| Plaie digestive | 0,5 % | Plus fréquente par laparotomie |
| Fistule vésico-vaginale | Environ 0,1 % | Risque porté à 5 % en cas de plaie de vessie pendant l’opération |
| Cancer sur col restant | 0,2 % | Uniquement après hystérectomie subtotale |
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Une bonne nouvelle passée inaperçue : le CNGOF note que l’hystérectomie n’est pas associée à une prévalence accrue de constipation, à court ni à long terme. C’est l’une des craintes les plus répandues, et les données ne la confirment pas.
Les signes qui doivent vous faire consulter
Le CNGOF liste les symptômes qui justifient de contacter votre médecin traitant ou votre chirurgien, sans attendre le rendez-vous postopératoire :
- Douleur dans un mollet ou difficulté à respirer. Il faut faire appel rapidement à votre médecin traitant pour éliminer une phlébite, qui risque d’entraîner une embolie pulmonaire.
- Saignement vaginal anormal ou malodorant, température élevée. Possible infection ou hématome surinfecté, à faire juger par votre chirurgien.
- Nausées, vomissements avec un épisode de fièvre. Consultez également votre chirurgien.
- Brûlures en urinant, envies fréquentes. Possible infection urinaire, votre médecin traitant demandera une analyse des urines.
- Cicatrice rouge et douloureuse après laparotomie, surtout avec de la fièvre : hématome ou abcès, le plus souvent réglé par de simples soins locaux.
En cas de doute sur la gravité, le 15 répond 24 h sur 24.
La convalescence, semaine après semaine
Le calendrier réel
C’est la partie que les proches sous-estiment le plus, et vous avec eux. Les repères ci-dessous viennent de l’Assurance Maladie et des fiches patientes du CNGOF. Ils varient selon la voie d’abord : la récupération après voie vaginale ou cœlioscopie « dépasse rarement 15 jours », là où une laparotomie demande 4 à 6 semaines.
| Activité | Délai | Précision |
|---|---|---|
| Conduite automobile | 2 à 3 jours en cœlioscopie | 14 jours après voie vaginale, 21 jours après laparotomie |
| Voyages prolongés | 2 semaines | Voiture, train ou avion, déconseillés avant |
| Port de charges | 3 semaines | Éviter au-delà de 5 kg |
| Bains | 3 semaines | Douches autorisées bien avant |
| Arrêt de travail | 2 semaines à 1 mois | Selon la voie d’abord et votre métier |
| Marche, natation | 2 à 3 semaines après laparotomie | Marche de 30 à 60 minutes |
| Sports intenses | 6 semaines après laparotomie | Reprise progressive |
| Rapports sexuels | 4 à 6 semaines | Le temps que la cicatrice vaginale soit solide |
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La fatigue, et la façon de la traverser
Le CNGOF prévient : « Vous pourrez pendant quelques jours, voire 1 à 2 semaines, être encore fatiguée », du fait du stress et des effets de l’anesthésie. Et il ajoute une phrase qui va à rebours de l’intuition : « La récupération sera d’autant plus rapide que vous serez active. » Marcher un peu, tous les jours, fait partie du traitement. Rester couchée ne l’est pas.
Les saignements après une hystérectomie
Une à deux semaines, c’est la norme
La phrase figure à l’identique dans les trois fiches du CNGOF : « Vous pouvez vous attendre à avoir des saignements pendant 1 à 2 semaines après votre intervention. L’évacuation de petits caillots n’est pas rare et sans importance si cela ne dure pas. »
Ces saignements viennent de la cicatrice au fond du vagin, pas de règles : l’utérus n’est plus là. Ils s’estompent, puis laissent place à des pertes plus claires. Un saignement qui s’intensifie, devient malodorant, ou s’accompagne de fièvre, sort du cadre normal et se signale au chirurgien.
Serviettes plutôt que tampons, et pourquoi
Le CNGOF est catégorique, dans les trois fiches : « Il vous est recommandé d’utiliser des serviettes périodiques plutôt que des tampons qui entraîneraient un risque infectieux plus important. »
La logique est la même que pour les rapports sexuels : tant que la suture vaginale n’est pas solide, rien ne doit être introduit. Cela exclut les tampons et les coupes menstruelles, pour les mêmes raisons qui rendent d’ailleurs le port de protections internes délicat dans d’autres contextes. Ce qui reste : les protections externes.
Une culotte menstruelle en fait partie. Elle absorbe dans le tissu du sous-vêtement, sans rien introduire, exactement comme une serviette, et se rince à l’eau froide après le port. Trois critères comptent réellement dans cette période :
- La hauteur de taille. Après une laparotomie, la cicatrice se situe environ 10 cm au-dessus du pubis. Un élastique de taille basse tombe dessus. Une taille haute passe au-dessus, c’est la même logique que pour une culotte post-césarienne.
- La matière au contact. Le coton sur une peau qui cicatrise, plutôt qu’une maille synthétique serrée.
- La coupe. Un modèle sans couture ne marque pas et ne frotte pas sur un ventre encore sensible.
Elle ne soigne rien, ne prévient aucune infection et ne remplace aucune consigne de votre équipe. C’est un sous-vêtement absorbant, à laver comme tel. Demandez à votre chirurgien ce qu’il recommande dans votre cas précis, en particulier si un drain ou une mèche a été laissé en place, ou si votre cicatrice demande des soins.
Après une hystérectomie subtotale, des saignements peuvent revenir
C’est la conséquence la moins connue de cette variante. Comme le col est conservé, du tissu réagissant aux hormones subsiste, et le CNGOF chiffre à 5 à 20 % le risque de saignements postopératoires cycliques. Ils sont généralement légers et reviennent au rythme du cycle, alors même que les règles sont censées avoir cessé. Ce n’est pas une complication, c’est une caractéristique connue de l’intervention, et il vaut mieux l’apprendre avant qu’après. Pour ce cas de figure, les modèles pensés pour les petites pertes du quotidien suffisent la plupart du temps.
La vie après une hystérectomie
Plus de règles, mais pas forcément la ménopause
C’est le point que le CNGOF prend soin d’écrire noir sur blanc dans ses fiches patientes. Si vous n’étiez pas ménopausée avant l’intervention, « la principale manifestation sera l’absence de règles et l’impossibilité de grossesse, ce qui ne signifie pas que vous serez ménopausée ».
Si vous étiez déjà ménopausée avant l’opération, le CNGOF indique qu’« il n’y aura pas de modifications particulières après ». Et si les ovaires ont été retirés, les repères de la ménopause et de l’hygiène de vie qui l’accompagne valent, à ceci près que tout arrive d’un coup au lieu de s’installer sur plusieurs années.
La sexualité après une hystérectomie
La phrase du CNGOF est sans ambiguïté : « Dans tous les cas, l’hystérectomie ne modifie pas la possibilité ni la qualité des rapports sexuels. » Les rapports sont autorisés 4 à 6 semaines après l’intervention, le temps que la cicatrice vaginale soit suffisamment solide, et la reprise se discute idéalement à la visite postopératoire d’un mois.
Un point mérite d’être anticipé plutôt que subi : « Si les ovaires ont été retirés, il se peut que vous ressentiez une sécheresse vaginale qui pourrait être compensée par des lubrifiants ou un traitement hormonal substitutif que votre médecin pourrait vous prescrire. » Ce n’est ni une fatalité ni un sujet à garder pour soi.
Le dépistage du col : ce qui change
Une conséquence pratique que peu de femmes connaissent. L’Institut national du cancer l’écrit ainsi : « Si vous avez subi une hystérectomie totale (utérus et col utérin retirés) sans lien avec le cancer du col de l’utérus, vous n’êtes plus concernée par le dépistage du cancer du col de l’utérus. »
Deux nuances importantes. Après une hystérectomie subtotale, le col est toujours là, et le dépistage continue. Après une hystérectomie liée à un cancer, un suivi spécifique remplace le dépistage : il est plus rapproché, pas plus léger. Dans tous les cas, le reste du suivi gynécologique, lui, ne s’arrête pas.
Le périnée et les fuites urinaires
Le périnée, ce hamac de muscles qui soutient la vessie et le rectum, reste en place après une hystérectomie. Le CNGOF précise d’ailleurs qu’aucun geste préventif de prolapsus n’est recommandé en routine lors d’une hystérectomie sur utérus non prolabé.
Cela ne dispense pas d’en prendre soin, en particulier passé la cinquantaine où la baisse des œstrogènes joue aussi. Si des fuites urinaires apparaissent ou s’aggravent, elles se signalent au médecin plutôt qu’elles ne s’acceptent : la rééducation périnéale, avec un kinésithérapeute ou une sage-femme, reste la première réponse, et les exercices de Kegel peuvent la prolonger à la maison. Au quotidien, notre culotte de soutien réduisant les fuites urinaires à l’effort, enregistrée comme dispositif médical, se porte en complément d’une prise en charge, jamais à sa place.
Le retentissement psychologique, qu’on n’ose pas nommer
Retirer un utérus, ce n’est pas retirer une vésicule biliaire. L’organe est chargé de sens, individuellement et socialement, et les réactions vont du soulagement franc (surtout après des années de douleurs ou d’hémorragies) au sentiment de perte, parfois les deux dans la même semaine.
Aucune de ces réactions n’est anormale, et aucune n’est proportionnelle à la gravité de la pathologie opérée. Le deuil de la fertilité, quand il se pose, ne dépend pas de l’âge ni du nombre d’enfants. Si le sujet pèse, en parler à votre gynécologue, à votre médecin traitant ou à un psychologue fait partie du parcours de soin, avant l’opération comme après. Les fiches du CNGOF le disent à leur manière, en invitant à poser toutes les questions « oralement ou par écrit », y compris celles qui ne sont pas techniques.
Questions fréquentes sur l’hystérectomie
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01Qu’est-ce qu’une hystérectomie exactement ?
C’est l’ablation chirurgicale de l’utérus. L’Assurance Maladie la décrit comme une solution de traitement radical qui consiste à enlever l’utérus ou une partie de celui-ci. Elle met fin aux règles et à toute possibilité de grossesse. Elle ne retire pas systématiquement les ovaires, les trompes ni le col de l’utérus : ce sont des gestes distincts, décidés au cas par cas et discutés avec le chirurgien avant l’opération. Près de 60 000 hystérectomies ont été réalisées en France en 2019, contre environ 72 000 en 2008.
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02Quels sont les différents types d’hystérectomie ?
L’Assurance Maladie en distingue trois. L’hystérectomie subtotale comporte l’ablation du corps de l’utérus mais laisse le col en place. L’hystérectomie totale comporte l’ablation complète de l’utérus, corps et col. L’hystérectomie totale avec salpingectomie retire aussi les trompes, et avec annexectomie les trompes et les ovaires. Dans le cancer du col, une colpo-hystérectomie élargie retire en plus la partie supérieure du vagin, avec parfois un curage ganglionnaire.
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03Une hystérectomie provoque-t-elle la ménopause ?
Pas en elle-même. Le CNGOF écrit que si les ovaires sont laissés en place, leur fonction persistera jusqu’à la ménopause naturelle, sans bouffées de chaleur ni autre manifestation de ménopause. En revanche, si les ovaires sont retirés, l’intervention entraîne une ménopause, avec des manifestations comme les bouffées de chaleur, et la possibilité d’un traitement substitutif se discute avec le médecin. Le CNGOF recommande d’ailleurs de conserver les ovaires chez les femmes non ménopausées en l’absence de pathologie ovarienne et d’antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein ou de l’ovaire.
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04Combien de temps dure la convalescence après une hystérectomie ?
Cela dépend surtout de la voie d’abord. Après une voie vaginale ou une cœlioscopie, le CNGOF indique que la convalescence dépasse rarement 15 jours, avec une hospitalisation de 1 à 4 jours voire une prise en charge ambulatoire. Après une laparotomie, l’hospitalisation dure en général 4 à 7 jours et le retour aux activités professionnelles ou sportives prend 4 à 6 semaines. L’Assurance Maladie mentionne un arrêt de travail d’une durée variant généralement de 2 semaines à un mois. La fatigue des 1 à 2 premières semaines est attendue, et la récupération est d’autant plus rapide que vous restez active.
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05Y a-t-il des saignements après une hystérectomie et quelle protection utiliser ?
Oui. Le CNGOF écrit que vous pouvez vous attendre à avoir des saignements pendant 1 à 2 semaines après l’intervention, et que l’évacuation de petits caillots n’est pas rare et sans importance si cela ne dure pas. Sur la protection, la consigne est explicite : il est recommandé d’utiliser des serviettes périodiques plutôt que des tampons, qui entraîneraient un risque infectieux plus important, tant que la cicatrice vaginale n’est pas solide. Toute protection externe répond à cette consigne, y compris une culotte menstruelle, qui absorbe dans le tissu du sous-vêtement sans rien introduire. Un saignement qui s’intensifie, devient malodorant ou s’accompagne de fièvre doit être signalé au chirurgien.
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06Quels sont les risques d’une hystérectomie ?
Le CNGOF la qualifie d’intervention courante et bien maîtrisée, dont le déroulement est simple dans la majorité des cas. Pour une indication bénigne, la prévalence des plaies de vessie est de 0,6 à 1 %, celle des plaies de l’uretère de 0,04 à 0,5 %, celle des plaies digestives de 0,5 %, et celle des fistules vésico-vaginales d’environ 0,1 %. Un antécédent de césarienne et un utérus volumineux sont les deux facteurs de risque identifiés des plaies de vessie. Comme toute chirurgie, l’intervention peut comporter très exceptionnellement un risque vital. À l’inverse, l’hystérectomie n’est pas associée à une prévalence accrue de constipation, à court ni à long terme.
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07Existe-t-il des alternatives à l’hystérectomie ?
Oui, et pour une pathologie bénigne elles passent avant. L’Assurance Maladie cite d’abord les traitements médicamenteux : acide tranexamique, pilule œstroprogestative, progestatifs par voie orale, dispositif intra-utérin au lévonorgestrel. Viennent ensuite les gestes qui conservent l’utérus : résection ou ablation de l’endomètre, myomectomie pour retirer les fibromes seuls, embolisation des artères utérines. La baisse du nombre d’hystérectomies en France entre 2008 et 2019 est justement corrélée au développement de ces alternatives. Demander ce qui a été essayé et ce qui reste à essayer est une question légitime en consultation.
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08L’hystérectomie change-t-elle la sexualité ?
Le CNGOF écrit que dans tous les cas, l’hystérectomie ne modifie pas la possibilité ni la qualité des rapports sexuels. Les rapports sont autorisés 4 à 6 semaines après l’intervention, afin de permettre à la cicatrice vaginale d’être suffisamment solide, et il est recommandé d’attendre la visite postopératoire d’un mois pour en discuter. Si les ovaires ont été retirés, une sécheresse vaginale peut apparaître, compensée par des lubrifiants ou un traitement hormonal substitutif prescrit par le médecin. À noter que l’hystérectomie subtotale, longtemps réputée préférable sur ce plan, n’est pas associée à une amélioration significative de la qualité de vie sexuelle.
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09Faut-il continuer le dépistage du cancer du col après une hystérectomie ?
Cela dépend du type d’intervention. L’Institut national du cancer indique que si vous avez subi une hystérectomie totale, utérus et col utérin retirés, sans lien avec le cancer du col de l’utérus, vous n’êtes plus concernée par le dépistage du cancer du col de l’utérus. Après une hystérectomie subtotale, le col est conservé et le dépistage se poursuit. Après une intervention liée à un cancer, un suivi spécifique remplace le dépistage. Dans tous les cas, le reste du suivi gynécologique continue.
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10Peut-on encore avoir des règles après une hystérectomie subtotale ?
Pas des règles au sens strict, puisque le corps de l’utérus a été retiré, mais des saignements oui. Le CNGOF chiffre à 5 à 20 % le risque de saignements postopératoires cycliques après une hystérectomie subtotale, parce que du tissu réagissant aux hormones subsiste au niveau du col laissé en place. Ces saignements sont généralement légers et suivent le rythme du cycle. Ce n’est pas une complication mais une caractéristique connue de cette variante, et c’est l’une des raisons pour lesquelles le CNGOF ne recommande pas de réaliser une hystérectomie subtotale dans le seul but de réduire les complications.
- Assurance Maladie, Traitement d’un fibrome utérin, définition de l’hystérectomie, types subtotale, totale et avec annexectomie, voies d’abord, alternatives conservatrices.
- Assurance Maladie, Fibrome de l’utérus : le suivi post-opératoire, délais de reprise de la conduite, du sport, des voyages, port de charges, arrêt de travail, rapports sexuels.
- Assurance Maladie, Saignement gynécologique anormal : quels sont les traitements ?, hiérarchie des traitements médicamenteux et chirurgicaux.
- Assurance Maladie, Traitement du cancer du col de l’utérus, conisation, amputation du col, colpo-hystérectomie élargie, curage ganglionnaire.
- CNGOF, Hystérectomie pour pathologie bénigne, recommandations pour la pratique clinique, 2015, texte court. Voie d’abord, conservation des ovaires, hystérectomie subtotale, prévalence des plaies urinaires et digestives, volume d’activité du chirurgien.
- CNGOF, fiches d’information des patientes, 2017 : hystérectomie par voie vaginale, par voie laparoscopique et par voie abdominale. Déroulement, durée d’hospitalisation, saignements postopératoires, protection recommandée, ménopause, sexualité, signes d’alerte.
- Institut national du cancer, Dépistage du cancer du col de l’utérus : êtes-vous concernée ?, situation des femmes ayant subi une hystérectomie totale.
- Chevrot A, Margueritte F, Fritel X, Serfaty A, Huchon C, Fauconnier A, Hystérectomie : évolution des pratiques entre 2009 et 2019 en France, Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie, 2021, 49(11), 816-822. Volume annuel, répartition des voies d’abord, part de l’annexectomie.

































