Symptothermie : comment lire son cycle, et ce que la méthode vaut vraiment
Cet article est informatif et ne remplace ni une consultation ni une formation. La symptothermie utilisée comme contraception demande un apprentissage encadré. La Haute Autorité de Santé écrit qu'« une formation spécifique de la femme et/ou du couple est nécessaire ». Lire une page web, aussi complète soit-elle, ne suffit pas pour s'en servir comme moyen d'éviter une grossesse.
Aucune méthode d'auto-observation ne protège des infections sexuellement transmissibles.
Arrêter la pilule, et se retrouver face à un cycle qu'on ne connaît pas. C'est souvent là que commence l'intérêt pour la symptothermie : l'envie de comprendre ce qui se passe, plutôt que de le suspendre.
La symptothermie est une méthode d'observation du cycle menstruel qui combine deux indicateurs relevés chaque jour : la température basale au réveil et l'aspect de la glaire cervicale. Croisés, ces deux signes permettent de repérer la période fertile et de confirmer que l'ovulation a eu lieu. Elle sert à éviter une grossesse, à en obtenir une, ou simplement à comprendre son corps.
C'est aussi une méthode exigeante, dont l'efficacité varie énormément selon la formation reçue et la rigueur appliquée. Voici comment elle fonctionne concrètement, et ce que disent les chiffres, les vrais.
La symptothermie n'est pas une application qui prédit l'ovulation. C'est une observation quotidienne de deux signes réels, avec des règles précises pour les interpréter.
- Les deux signes : la température corporelle au réveil, qui monte de 0,2 à 0,5 °C après l'ovulation, et la glaire cervicale, qui devient claire et filante à l'approche de celle-ci.
- Le principe : les spermatozoïdes survivent jusqu'à 5 jours, l'ovule une douzaine d'heures. La fenêtre fertile couvre donc environ 6 jours par cycle.
- La règle de base : aucun des deux signes ne suffit seul. C'est leur convergence qui permet de conclure.
- L'efficacité : l'écart entre les sources est énorme, de 1,8 à plus de 30 grossesses pour 100 femmes par an. Ce qui explique l'écart, c'est la formation et la rigueur.
- La condition posée par la HAS : une formation spécifique est nécessaire, et l'éventualité d'une grossesse non prévue doit être acceptable.
- Pas fiable après un accouchement tant que les cycles ne sont pas revenus, à l'approche de la ménopause, ni chez les adolescentes aux cycles irréguliers.
- Aucune protection contre les IST.
Qu'est-ce que la symptothermie
Une méthode d'auto-observation à plusieurs indicateurs
Le Manuel MSD range la symptothermie parmi les méthodes contraceptives basées sur la connaissance de la fertilité, et la définit comme celle qui combine la température corporelle basale, l'observation de la glaire cervicale et un repère calendaire.
Le nom dit exactement ce qu'elle fait : sympto pour les symptômes observés, à commencer par la glaire, et thermie pour la température. Le principe est de ne jamais se fier à un seul indice. Deux signes indépendants doivent converger avant de conclure quoi que ce soit.
Certaines approches ajoutent un troisième repère, l'auto-palpation du col de l'utérus, qui se ramollit, s'ouvre et remonte à l'approche de l'ovulation. Il est facultatif, plus difficile à interpréter, et la plupart des formations le présentent comme un complément et non comme un critère à part entière.
Ce qui la distingue des autres méthodes naturelles
L'Assurance Maladie décrit plusieurs méthodes dites naturelles, et elles ne se valent pas du tout. La confusion entre elles est la première source de malentendu sur le sujet.
| Méthode | Sur quoi elle repose | Ce qu'elle vaut |
|---|---|---|
| Calendrier (Ogino) | Un calcul à partir des cycles précédents | Réservée aux cycles très réguliers. C'est une prédiction, pas une observation |
| Température seule | La hausse de 0,2 à 0,5 °C après l'ovulation | Confirme l'ovulation, mais toujours après coup |
| Glaire cervicale (Billings) | L'aspect des sécrétions | Annonce l'ovulation à l'avance, mais un signe isolé |
| Symptothermie | Température et glaire croisées | Combine l'anticipation de la glaire et la confirmation de la température |
| Tests d'ovulation (LH) | L'hormone lutéinisante dans l'urine, qui grimpe 24 à 48 h avant l'ovulation | Utile pour concevoir, insuffisant seul pour éviter une grossesse |
| Retrait | Rien d'observable | Ce n'est pas une méthode d'observation |
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La différence essentielle tient en une phrase : le calendrier prédit, la symptothermie constate. C'est aussi pour cette raison qu'une application qui annonce votre ovulation à partir de vos cycles passés ne fait pas de la symptothermie, mais de l'Ogino déguisé. Nous revenons plus bas sur ce que les applis pour suivre son cycle menstruel savent faire et ne savent pas faire.
La fenêtre fertile, le principe de la méthode
Six jours par cycle, pas un de plus
Toute la méthode découle de deux durées biologiques, précisées par le Manuel MSD.
En additionnant les deux, on obtient une fenêtre de fertilité d'environ six jours : les cinq jours qui précèdent l'ovulation et le jour de celle-ci. Tout le reste du cycle est infertile, à condition de savoir précisément où l'on se situe. Et c'est bien là toute la difficulté.
Pourquoi on ne peut pas se contenter d'un calendrier
L'ovulation ne tombe pas au jour 14. Elle tombe quatorze jours avant les règles suivantes, et c'est la première partie du cycle qui varie. Un stress, un voyage, une maladie peuvent la décaler de plusieurs jours, ce que nous détaillons dans les facteurs qui dérèglent les règles.
C'est la raison d'être de l'observation : un cycle décalé se voit sur la courbe et sur la glaire, alors qu'un calcul le manque complètement. Pour les personnes qui ont un cycle menstruel irrégulier, c'est même le seul repère utilisable, et notre article sur les phases du cycle menstruel pose les bases utiles avant de commencer.
La température basale, premier signe
Ce que la courbe raconte
Après l'ovulation, le corps jaune produit de la progestérone, et celle-ci fait monter la température corporelle de repos. L'Assurance Maladie chiffre cette élévation à 0,2 à 0,5 °C, et le Manuel MSD parle d'environ 0,5 °C après la libération de l'ovule.
La courbe se lit donc en deux plateaux : un plateau bas avant l'ovulation, un plateau haut après. La bascule signe le passage en phase lutéale. Un point capital, souvent mal compris : la température confirme, elle n'annonce pas. Quand la hausse apparaît, l'ovulation est déjà derrière vous.
Comment la prendre correctement
- Au réveil, avant de vous leverAvant de parler, de boire, de vous asseoir. Le moindre mouvement fausse la mesure.
- À heure à peu près constanteAprès une plage de sommeil suffisante et sans interruption majeure.
- Toujours par la même voieBuccale, vaginale ou rectale, mais sans jamais en changer en cours de cycle.
- Avec le même thermomètre, à deux décimalesUn thermomètre qui n'affiche qu'un chiffre après la virgule ne permet pas de repérer une hausse de 0,2 °C.
- En notant tout de suiteSur une courbe papier ou dans une application, avec les éventuelles perturbations du jour.
Ce qui fausse une température
Une courbe se lit avec ses accidents, et les noter fait partie de la méthode. Une nuit trop courte, un réveil décalé, une soirée alcoolisée, un état fébrile, un décalage horaire, un travail de nuit : autant de points à écarter de l'interprétation plutôt qu'à intégrer bêtement.
C'est aussi ce qui explique que la méthode demande plusieurs cycles avant d'être utilisable. On n'apprend pas à lire une courbe en la regardant une fois.
La glaire cervicale, second signe
Le signe qui, lui, anticipe
La glaire cervicale est produite par le col de l'utérus et change d'aspect au fil du cycle sous l'effet des œstrogènes. À l'approche de l'ovulation, le Manuel MSD la décrit comme devenant plus abondante, plus filante, plus claire et plus liquide, comme du blanc d'œuf cru. L'Assurance Maladie parle d'une glaire abondante, fluide et filante.
C'est le seul signe qui prévient avant l'ovulation, et c'est ce qui rend la symptothermie utilisable pour éviter une grossesse plutôt que pour la constater après coup. Notre article dédié détaille l'évolution jour après jour, et ce qui distingue une glaire fertile de simples pertes blanches.
L'observation au quotidien
Elle se fait plusieurs fois par jour, en notant à la fois la sensation ressentie à la vulve, sèche, humide ou glissante, et l'aspect de ce qui est recueilli. C'est une observation qui demande de l'honnêteté avec soi-même : on note ce qu'on voit, pas ce qu'on espère.
Un protège-slip jetable porté toute la journée absorbe la glaire et rend l'observation nettement plus difficile, notamment la sensation à la vulve qui fait partie des critères. Les formations recommandent d'ailleurs de l'observer avant toute toilette intime, pour la même raison.
Autre point à connaître : une infection modifie l'aspect des sécrétions et brouille la lecture. Un déséquilibre de la flore vaginale rend la période concernée ininterprétable, et c'est une consultation qu'il faut, pas une interprétation acrobatique.
Croiser les deux signes
La double vérification
Le cœur de la méthode tient dans un principe simple : aucun des deux signes n'a le droit de conclure seul. C'est la convergence des deux qui autorise à considérer la phase post-ovulatoire comme installée.
Concrètement, une formation apprend à repérer d'un côté la bascule thermique, confirmée sur plusieurs jours consécutifs, et de l'autre le dernier jour de glaire fertile suivi d'un assèchement, lui aussi confirmé sur plusieurs jours. C'est le plus tardif des deux repères qui fait foi. Chaque école a ses règles de comptage précises, et c'est justement ce qu'on va apprendre en formation plutôt que dans un article.
Que faire pendant la période fertile
C'est la question la plus concrète, et elle est souvent escamotée. Identifier la fenêtre fertile ne sert à rien si on n'a pas décidé à l'avance ce qu'on en fait. Deux options seulement, et elles se choisissent à deux.
- L'abstinence sur ces jours-là. C'est l'option qui donne les meilleurs résultats dans l'étude allemande, avec 0,6 grossesse pour 100 femmes après 13 cycles chez les couples qui s'y sont tenus.
- Le préservatif, seule barrière compatible avec la méthode et la seule qui protège en plus des infections sexuellement transmissibles.
Le point important est que ce choix se discute avant, pas au moment où la question se pose. C'est aussi pour cela que la symptothermie fonctionne mal comme décision individuelle : la période fertile tombe souvent au moment où la libido varie le plus, et un couple qui n'a rien décidé improvise.
- La méthode n'est utilisable qu'après le retour des règles et, selon la HAS, après avoir constaté trois cycles réguliers consécutifs.
- L'Assurance Maladie la déconseille à l'approche de la ménopause et chez les adolescentes dont les cycles sont irréguliers.
- Le Manuel MSD écrit que ces méthodes ne sont pas recommandées chez les femmes qui veulent absolument éviter toute grossesse.
- Aucune ne protège des infections sexuellement transmissibles.
Ces réserves ne disqualifient pas la méthode. Elles délimitent le cadre dans lequel elle tient ses promesses.
La symptothermie est-elle fiable
Trois sources, trois chiffres très différents
C'est la question qui compte, et c'est celle sur laquelle circulent le plus d'approximations. Le mieux est de poser les chiffres côte à côte, avec ce que chacun mesure réellement.
| Source | Chiffre | Ce qu'il recouvre |
|---|---|---|
| HAS, d'après l'OMS | 25 grossesses pour 100 femmes la première année, en utilisation courante | Toutes les « autres méthodes de connaissance de la fécondité » confondues, sans distinguer la symptothermie |
| Manuel MSD, édition professionnelle | 11,2 à 33,0 pour 100 femmes-années, en utilisation courante | La méthode symptothermique en conditions réelles, avec une fourchette très large |
| Étude Sensiplan, 900 femmes et 17 638 cycles | 1,8 pour 100 femmes après 13 cycles | Des couples formés et suivis, toutes situations confondues |
| Même étude, sous-groupe | 0,6 pour 100 femmes après 13 cycles | Uniquement les couples n'ayant eu aucun rapport non protégé en période fertile |
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Ce qui explique un écart pareil
Entre 0,6 et 33, le facteur est de plus de cinquante. Trois raisons à cela, et les comprendre vaut mieux que de retenir un seul chiffre.
- Le chiffre de l'OMS mélange des méthodes très inégales, du calendrier à l'auto-observation complète. Il ne dit rien de la symptothermie prise isolément.
- La formation change tout. Les participantes de l'étude allemande avaient été formées et étaient suivies. C'est exactement la condition posée par la HAS quand elle écrit qu'une formation spécifique de la femme et du couple est nécessaire.
- Le comportement en période fertile pèse plus que la méthode. L'écart entre 1,8 et 0,6 dans la même cohorte ne vient pas de la méthode, mais de ce que les couples font pendant les jours identifiés comme fertiles.
Dans cette même étude, 9,2 femmes sur 100 ont abandonné la méthode par insatisfaction. C'est une donnée honnête et utile : la symptothermie demande une régularité quotidienne et une gestion partagée de l'abstinence ou de la protection en période fertile. Ce n'est pas la fiabilité qui la fait abandonner, c'est la contrainte.
La conclusion des auteurs de l'étude est nette et mérite d'être citée telle quelle : la méthode symptothermique est très efficace à condition que les règles de la méthode soient suivies de manière constante. Toute la fiabilité est dans cette condition. Et la HAS ajoute la contrepartie qui va avec : l'éventualité d'une grossesse non prévue doit rester acceptable pour vous. Si ce n'est pas le cas, une autre méthode de contraception est plus indiquée, et le stérilet au cuivre reste une option sans hormones.
Utiliser la symptothermie pour concevoir
Viser les bons jours, pas le jour supposé
Le même outil sert exactement à l'inverse, et c'est là qu'il est le plus simple à utiliser, puisqu'une erreur n'a pas les mêmes conséquences.
Quand on cherche à être enceinte, les rapports les plus utiles sont ceux des jours où la glaire est claire et filante, pas ceux d'un jour d'ovulation calculé sur un cycle théorique. Beaucoup de couples qui essaient depuis plusieurs mois découvrent, en observant, qu'ils ciblaient les mauvais jours. Un cycle plus long ne veut pas dire une ovulation absente, il veut dire une ovulation plus tardive.
Ce que la courbe apprend sur son propre cycle
Au-delà du timing, quelques mois d'observation donnent des informations concrètes : la longueur réelle des cycles, la date effective de l'ovulation, la durée de la phase lutéale, la présence ou non d'un spotting avant les règles. Autant d'éléments qu'aucune application ne peut deviner.
Précision utile au passage, puisque la question revient toujours : la fécondation est possible dès qu'un rapport a lieu dans les cinq jours précédant l'ovulation, ce qui explique pourquoi il reste possible de tomber enceinte pendant ses règles quand l'ovulation est précoce.
Observation du cycle et parcours PMA
Ce que l'observation peut apporter
Arriver au premier rendez-vous avec plusieurs cycles documentés change la nature de la conversation. Le professionnel de santé dispose de données réelles plutôt que d'estimations : longueur des cycles, moment de l'ovulation, durée de la phase post-ovulatoire, régularité d'un cycle à l'autre.
Cela ne remplace évidemment aucun examen. Un bilan de fertilité repose sur des dosages hormonaux, une échographie et un spermogramme, pas sur une courbe de température. Mais un relevé sérieux fait gagner du temps sur l'anamnèse et peut orienter des questions.
Ce qu'elle ne peut pas faire
La symptothermie n'est pas un examen de fertilité et ne diagnostique rien. Elle ne dit rien de la perméabilité des trompes, de la réserve ovarienne ni de la qualité du sperme. Dans un parcours de PMA, c'est l'équipe médicale qui pilote, et les protocoles de stimulation modifient de toute façon le cycle au point de rendre l'observation inopérante.
Si vous essayez de concevoir depuis douze mois sans succès, ou six mois après 35 ans, le bon réflexe est de consulter, pas d'observer un cycle de plus.
Les avantages et les limites
Ce qu'elle apporte
- Aucune hormone, aucun dispositif. Le cycle reste celui du corps, avec de vraies ovulations et de vraies règles, à la différence des règles sous pilule qui sont des saignements de privation.
- Une connaissance fine de son cycle, réutilisable pour concevoir, pour repérer un changement, pour décrire un symptôme à un médecin.
- Réversible immédiatement, sans délai d'élimination ni de retrait.
- Utilisable quand les cycles sont irréguliers, contrairement au calendrier, puisqu'elle observe au lieu de prédire.
- Un coût quasi nul après le thermomètre et la formation.
Ce qu'elle coûte vraiment
- Une contrainte quotidienne, sept jours sur sept, y compris en vacances et le week-end.
- Une période fertile à gérer à deux, par abstinence ou par préservatif. C'est un sujet de couple, pas une affaire individuelle.
- Un apprentissage de plusieurs cycles pendant lesquels une autre protection reste nécessaire.
- Une fiabilité conditionnelle, très sensible aux écarts, comme le montrent les chiffres plus haut.
- Des situations où elle ne s'applique pas : après un accouchement tant que les cycles ne sont pas revenus, ce que notre article sur le retour de couches détaille, à l'approche de la ménopause, en cas de travail de nuit, ou pendant un épisode de stress qui affecte les règles.
- Aucune protection contre les IST.
Enfin, une méthode d'observation ne dispense pas de connaître les solutions de rattrapage. En cas de rapport non protégé pendant la fenêtre fertile, notre article sur la pilule du lendemain explique les délais à respecter.
Débuter la symptothermie en pratique
Le matériel, et il est court
- Un thermomètre à deux décimales, gardé pour cet usage et pas partagé.
- Un support de relevé, courbe papier ou application, à condition qu'elle enregistre vos observations au lieu de prédire à votre place.
- Une formation, auprès d'une sage-femme formée ou d'une conseillère en symptothermie. C'est le seul poste réellement indispensable.
Choisir un outil de relevé
La distinction est simple et elle est décisive. Une application qui vous annonce « ovulation prévue le 14 » à partir de vos cycles précédents applique un calcul, pas une observation. Une application de symptothermie, elle, se contente d'enregistrer vos températures et vos observations de glaire, et applique les règles de la méthode à ces données réelles.
Nos articles sur pourquoi utiliser une appli pour surveiller son cycle menstruel et notre sélection de livres pour mieux comprendre son cycle donnent des pistes de départ. Le lexique du système génital féminin aide aussi à poser le vocabulaire avant de commencer.
Le quotidien de l'observation, et ce qu'il change
Regarder ses pertes tous les jours, c'est une petite révolution de regard pour beaucoup de femmes. Ça se rapproche de ce que raconte le flux instinctif libre : une attention rendue au corps plutôt que déléguée.
Deux conséquences pratiques reviennent systématiquement chez celles qui s'y mettent. D'abord, on ne veut plus d'un protège-slip jetable quotidien, qui absorbe justement ce qu'on cherche à observer. Ensuite, en arrêtant une contraception hormonale, on retrouve de vraies règles, souvent plus abondantes que les saignements de privation auxquels on s'était habituée.
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À dire clairement : une culotte menstruelle n'a aucun effet sur votre fertilité, ne remplace aucune contraception et ne rend pas la symptothermie plus fiable. Elle règle un point matériel, celui de la protection portée au quotidien, rien de plus.
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Questions fréquentes sur la symptothermie
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01Qu'est-ce que la symptothermie exactement ?
C'est une méthode d'observation du cycle menstruel qui croise deux indicateurs relevés chaque jour : la température corporelle au réveil, qui monte de 0,2 à 0,5 °C après l'ovulation, et l'aspect de la glaire cervicale, qui devient claire et filante à l'approche de celle-ci. Le Manuel MSD la range parmi les méthodes basées sur la connaissance de la fertilité et précise qu'elle combine température basale, glaire cervicale et repère calendaire. Certaines approches y ajoutent l'auto-palpation du col de l'utérus, à titre facultatif.
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02En quoi la symptothermie diffère-t-elle des autres méthodes naturelles ?
La différence tient en une phrase : le calendrier prédit, la symptothermie constate. La méthode Ogino calcule la période fertile à partir des cycles précédents, ce qui suppose des cycles très réguliers. La méthode des températures seule confirme l'ovulation, mais toujours après coup. La méthode Billings observe uniquement la glaire. La symptothermie croise deux signes indépendants, ce qui lui permet à la fois d'anticiper grâce à la glaire et de confirmer grâce à la température. Le Manuel MSD indique qu'elle présente un taux de grossesse plus faible en utilisation parfaite que la méthode des deux jours ou celle des jours fixes.
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03La symptothermie est-elle fiable pour éviter une grossesse ?
Les sources divergent énormément, et c'est l'information la plus importante. La HAS, d'après l'OMS, retient 25 grossesses pour 100 femmes la première année en utilisation courante pour l'ensemble des méthodes de connaissance de la fécondité. Le Manuel MSD donne une fourchette de 11,2 à 33,0 pour 100 femmes-années pour la méthode symptothermique. À l'inverse, une étude allemande portant sur 900 femmes et 17 638 cycles a observé 1,8 grossesse non désirée pour 100 femmes après 13 cycles, et 0,6 chez les couples n'ayant eu aucun rapport non protégé en période fertile. L'écart s'explique par la formation reçue et par le comportement pendant la période fertile.
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04Faut-il une formation pour pratiquer la symptothermie ?
Oui. La Haute Autorité de Santé écrit qu'une formation spécifique de la femme et du couple est nécessaire. Elle précise aussi que ces méthodes ne sont utilisables qu'après le retour des règles et après avoir constaté trois cycles réguliers consécutifs, et que l'éventualité d'une grossesse non prévue doit être acceptable. La formation se fait auprès d'une sage-femme formée ou d'une conseillère en symptothermie. Aucun article ni aucune application ne la remplace.
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05Comment prendre sa température basale correctement ?
Au réveil, avant de vous lever, de parler ou de boire, à heure à peu près constante et après une plage de sommeil suffisante. Toujours par la même voie, buccale, vaginale ou rectale, sans en changer en cours de cycle, et avec le même thermomètre affichant deux décimales. Un thermomètre à une seule décimale ne permet pas de repérer une hausse de 0,2 °C. Notez la mesure immédiatement, ainsi que les perturbations du jour : nuit courte, réveil décalé, alcool, fièvre, décalage horaire.
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06Quels sont les avantages de la symptothermie par rapport aux méthodes hormonales ?
Elle n'introduit aucune hormone et aucun dispositif, le cycle reste celui du corps avec de vraies ovulations et de vraies règles, là où les saignements sous pilule sont des saignements de privation. Elle est réversible immédiatement, son coût est quasi nul après le thermomètre et la formation, elle reste utilisable quand les cycles sont irréguliers, et elle donne une connaissance fine du cycle réutilisable pour concevoir. En contrepartie, elle demande une observation quotidienne, une gestion de la période fertile à deux, plusieurs cycles d'apprentissage, et son efficacité est très sensible aux écarts.
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07La symptothermie peut-elle aider à tomber enceinte ?
Oui, et c'est l'usage le plus simple, puisqu'une erreur n'a pas les mêmes conséquences. Les spermatozoïdes peuvent féconder un ovule jusqu'à 5 jours après le rapport et l'ovule n'est fécondable qu'une douzaine d'heures, ce qui donne une fenêtre fertile d'environ six jours. Les rapports les plus utiles sont donc ceux des jours où la glaire est claire et filante, et non ceux d'un jour d'ovulation calculé sur un cycle théorique. Plusieurs mois d'observation renseignent aussi sur la longueur réelle des cycles et la date effective de l'ovulation.
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08La symptothermie est-elle utile dans un parcours PMA ?
Elle peut apporter des données concrètes au premier rendez-vous : longueur réelle des cycles, date de l'ovulation, durée de la phase post-ovulatoire, régularité d'un cycle à l'autre. Elle ne remplace en revanche aucun examen. Un bilan de fertilité repose sur des dosages hormonaux, une échographie et un spermogramme, pas sur une courbe de température, et la symptothermie ne dit rien de la perméabilité des trompes, de la réserve ovarienne ni de la qualité du sperme. Dans un parcours de PMA, les protocoles de stimulation modifient le cycle au point de rendre l'observation inopérante.
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09Dans quelles situations la symptothermie n'est-elle pas fiable ?
Après un accouchement tant que les cycles ne sont pas revenus, à l'approche de la ménopause et chez les adolescentes dont les cycles sont irréguliers, situations que l'Assurance Maladie signale explicitement. Également en cas de travail de nuit ou de rythme de sommeil très irrégulier, qui rendent la température ininterprétable, et pendant une infection vaginale, qui modifie l'aspect des sécrétions. Le Manuel MSD ajoute que ces méthodes ne sont pas recommandées chez les femmes qui veulent absolument éviter toute grossesse.
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10Une application suffit-elle pour faire de la symptothermie ?
Non, et il faut distinguer deux types d'applications. Celles qui annoncent une date d'ovulation à partir de vos cycles précédents appliquent un calcul de type calendrier, pas de la symptothermie. Celles qui enregistrent vos températures et vos observations de glaire et leur appliquent les règles de la méthode sont un support de relevé utile. Dans les deux cas, l'application ne remplace ni l'observation quotidienne ni la formation, qui reste le seul poste réellement indispensable.
- Assurance Maladie, Les méthodes naturelles de contraception, description des méthodes, élévation de température de 0,2 à 0,5 °C, limites et absence de protection contre les IST.
- Haute Autorité de Santé, Contraception : focus sur les méthodes dites naturelles, nécessité d'une formation spécifique, conditions d'utilisation, acceptabilité d'une grossesse non prévue.
- Haute Autorité de Santé, Méthodes contraceptives : focus sur les méthodes les plus efficaces disponibles, mars 2013, dernière modification novembre 2017, tableau d'efficacité d'après l'OMS.
- Manuel MSD, édition professionnelle, Méthodes contraceptives basées sur la connaissance de la fertilité, durées de vie des gamètes, taux d'échec, limites.
- Manuel MSD, édition grand public, Méthodes de contraception reposant sur la connaissance des périodes de fertilité, hausse de température d'environ 0,5 °C, aspect de la glaire.
- Frank-Herrmann P, Heil J, Gnoth C et al., The effectiveness of a fertility awareness based method to avoid pregnancy in relation to a couple's sexual behaviour during the fertile time, Human Reproduction, 2007, 22(5), 1310-1319. Étude Sensiplan, 900 femmes et 17 638 cycles.






























