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mars 02, 2020

Par Elise

Sex Education, la série qui tord le cou aux tabous

Reproduction géante d’un clitoris, couple gay pris dans un baiser langoureux et protections féminines maculées sur fond de couleurs pop. En ville cet hiver, impossible de rater les affiches gentiment provocantes signées Charlotte Abramow*. Car NetFlix vient de lancer la deuxième saison de sa série Sex education, et à cette occasion, un petit guide sexo. Mais pourquoi cette série a-t-elle autant de succès ? Suffit-il de parler de sexe pour faire le buzz ? Il semblerait que tout dépende de comment on en parle.

Les créateurs de Sex education l’ont bien compris, et abordent la question avec humour et tendresse tout en faisant la guerre aux préjugés, aux tabous et aux clichés. Un bon moyen de sensibiliser les jeunes (et les moins jeunes) sur le sujet, avec ces mots d’ordre : plaisir et consentement.

Sex education : l’éducation à la sexualité enfin au programme

Eté 2001 en France, une loi est votée prévoyant 3 séances d’éducation sexuelle par an, de l’école au lycée. Elle répond à un besoin pour les jeunes d’échanger sur leur sexualité et le sentiment amoureux autour de trois grands axes : biologique, affectif et social. Ces cours visent aussi à les préparer à leur vie d’adulte, dans la tolérance, le respect de soi et de l’autre. Un projet bien nécessaire à l’heure des fake news et de la banalisation du porno. Et à une époque où il existe encore un tabou sur une fonction aussi naturelle que les menstruations (cf. les nouveaux cas recensés de chocs toxiques).

Et pourtant… Presque 20 ans plus tard, une enquête nous apprend qu’une grande partie des écoles primaires, des collèges et des lycées n’ont pas mis ces cours en place. Pourquoi les acteurs de l’éducation nationale sont-ils si peu téméraires ? Quelles foudres ont-ils peur de s’attirer ? Dans un pays qui se dit libre et laïque, la question reste ouverte. En attendant, certains jeunes se sentent perdus, ne savent pas comment se protéger et ont souvent honte de s’exprimer. La série Sex education vient donc jouer un rôle que d’autres n’ont pas voulu prendre. Et on s’en réjouit !

Un manuel d’éducation sexuelle signé Charlotte Abramow

A l’occasion de la sortie de la saison 2 de Sex education, NetFlix s’associe à la photographe Charlotte Abramow pour jouer les sexologues, en lançant un guide qui couvre des sujets aussi bien anatomiques que psycho. Gratuit dans sa version papier (mais malheureusement déjà épuisé) il est accessible en ligne au format PDF. Les premiers mots donnent le ton : « Parlons cul ! On ne sait pas toujours comment se renseigner sur le sujet... Le porno est à portée de clic comme un réflexe, mais il ne reflète pas la réalité. Au final, on se pose plein de questions. » Et oui, il était temps. Si ce n’est pas à l’école qu’on peut tout savoir sur le sexe sans avoir jamais osé le demander, si on n’a pas de grande sœur ou de grand frère disponible et bienveillant qui s’y connaisse sur la question, qui va nous renseigner sur le sujet sans gêne ni tabous ? Les parents on le sait, avec toutes les meilleures intentions du monde, ne sont pas les personnes adéquates pour parler sexe avec leurs enfants. Ils peuvent poser les bases, bien sûr, mais parler intimité en profondeur avec eux peut vite s’avérer gênant ou déplacé. Il faut un intervenant neutre et extérieur. On salue donc l’initiative de Sex education, qui s’offre un bon coup de marketing certes, mais donnent des réponses aux jeunes sur les questions qu’ils se posent sans qu’ils n’aient plus à en rougir.

Le respect, c’est sexy

Et « Non, c’est Non ». A la suite du mouvement #MeeToo, Charlotte Abramow entend bien enfoncer le clou sur la question du consentement. Son petit manuel d’éducation sexuelle débute d’ailleurs par ce chapitre. On peut y voir l’héroïne de la série craie en main devant un tableau noir, rappeler les règles d’un rapport sexuel consenti. La série britannique et le manuel abordent tour à tour des sujets aussi variés que le harcèlement, le bullying, l’avortement, la contraception, la masturbation, les MST, le racisme, le handicap, la panne sexuelle, la pilosité, le rapport anal et les identités de genre (homosexualité, bisexualité, pansexualité et asexualité). L’occasion de botter les fesses à pas mal d’idées reçues et de décomplexer la génération Z dans les affres de la puberté. Car on ne devrait jamais avoir honte de son désir et de sa sexualité. La photographe belge conclut d’ailleurs son manuel par cette phrase : « Le sexe, ça se découvre. Plus on communique, plus on apprend, et plus on kiffe ».

*la réalisatrice du dernier clip antisexiste d’Angèle « Balance ton quoi »