Des produits chimiques dans les protections hygiéniques jetables

par Emilie

Des produits chimiques dans les protections hygiéniques jetables

Contrairement à certains pays comme les États-Unis, la France ne dispose encore d’aucune réglementation concernant la composition des protections périodiques. Tampons et serviettes sont conçus à partir de matières premières et selon des procédés de fabrication inconnus du grand public. En 2016, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a réalisé de nombreux tests afin de dresser une liste exhaustive des substances toxiques qui sont aujourd’hui présentes dans nos protections menstruelles…  peut-être plus pour très longtemps – croisons les doigts– grâce au combat de Marlène Schiappa. 

Quels composés chimiques se cachent dans nos protections intimes ?

La présence de substances chimiques n'est pas réellement une surprise car comme le dit elle-même l'ANSES, plus aucun produit industriel n'en est totalement dénué, même dans le secteur du bio. Triste réalité !

Une serviette hygiénique contient des pesticides pourtant interdits en Europe depuis 19 ans dont le lindane, très persistant et cancérigène. On retrouve également le fameux glyphosate, un herbicide classé comme probablement cancérigène par une agence de l'OMS, et toujours autorisé en France.

Les tampons quant à eux comportent des résidus de HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques), de phtalates, de furanes et de dioxines. Ces substances forment un cocktail chimique ayant des effets nocifs pour la santé : elles sont, au choix, cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques (elles altérèrent fertilité et du développement des fœtus) ou encore reconnues comme étant des perturbateurs endocriniens.

Même si l'ANSES a déclaré que ces composés étaient en quantité trop infimes pour réellement nuire à la santé des utilisatrices, ce constat est tout de même bien inquiétant quand on sait qu’une femme utilise au cours de sa vie plus de 10 000 protections périodiques. Sans compter sur le fait que toutes ces substances polluent les écosystèmes terrestres et marins après utilisation des protections hygiéniques. 

Qu'en est-il du syndrome du choc toxique ?

Serviettes et protège-slips n'ont jamais été incriminés. La composition des tampons ne semble pas être responsable non plus. Ce syndrome est en fait dû à la stagnation trop longue du sang dans le vagin. Il faut donc bien veiller à changer sa protection régulièrement et choisir de préférence les tampons de plus faible absorption.

Le combat de Marlène Schiappa : plus de transparence sur la composition des protections menstruelles

Le 28 mai dernier, à l’occasion de la journée mondiale pour l’hygiène menstruelle, la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes a affiché son objectif de briser le tabou qui entoure encore les règles et d’en faire un sujet de politique publique. Ses objectifs sont multiples : faciliter l’accès des femmes les plus précaires aux protections périodiques, améliorer la composition des protections et fournir plus d’informations aux utilisatrices. 

Comment protéger sa santé pendant les règles dès maintenant ?

Afin de ne plus exposer son corps à des résidus chimiques controversés, plusieurs solutions s'offrent aujourd'hui à nous. La prise de conscience générale récente a eu des conséquences positives : de nouvelles technologies ont été mises au point pour tordre le cou aux produits chimiques qui nous envahissent de plus en plus.

Les coupes menstruelles sont une bonne alternative aux tampons hygiéniques même si l'ANSES considèrent que les tests réalisés jusqu'à présent ne sont pas suffisants. Les protections internes ne se limitent pas aux tampons traditionnels et à la cup : l'utilisation d'éponges naturelles et de tampons lavables crochetés avec du coton bio revient à la mode.

Pour les adeptes des protections féminines externes, la solution la plus simple et la plus efficace est sans nul doute la culotte de règles. Sa capacité d'absorption et l'absence de produits indésirables dans sa composition en font un produit hygiénique sain et pratique !

Anne Andrieu